L’otite chez le chien : Comment prévenir et guérir ?

L’otite (souvent otite externe) est l’une des infections les plus fréquentes chez le chien. Certaines races à oreilles tombantes sont particulièrement exposées en raison d’une mauvaise ventilation et d’une rétention d’humidité dans le conduit auditif. Une prise en charge rapide et adaptée évite chronicisation, douleur et complications.

1. Qu’est-ce que l’otite ?

  • Otite externe : inflammation/infection du conduit auditif externe (la plus fréquente).

  • Otite moyenne / interne : atteinte plus profonde — souvent conséquence d’une otite externe non contrôlée ou d’une infection ascendante.

Les signes cliniques typiques : grattage de l’oreille, secousses de tête, odeur, sécrétions (cire, exsudat), rougeur, douleur, parfois baisse d’audition ou désorientation si atteinte interne.

2. Causes et facteurs prédisposants

  • Anatomie : oreilles longues/tombantes et conduits en « L » qui piègent l’humidité.

  • Humidité & baignade : eaux stagnantes qui favorisent la prolifération microbienne.

  • Corps étrangers (épillets, herbes), allergie (atopie, allergie alimentaire), parasites (hématophages), déséquilibres hormonaux (ex : hypothyroïdie), excès de cérumen, traumatismes.

  • Infections secondaires : bactéries (Staphylococcus, Pseudomonas) et levures (Malassezia) qui sont les agents les plus courants.

3. Diagnostic (ce que fait le vétérinaire)

  • Anamnèse et examen clinique, otoscopie (inspection du conduit et tympan).

  • Cytologie auriculaire (examen au microscope d’un prélèvement) : permet d’identifier rapidement les bactéries/levures et d’adapter le traitement local.

  • Culture et antibiogramme : recommandés en cas de récidive, traitement prolongé ou suspicion de bactéries résistantes.

  • Radiographies ou scanner, examen sous anesthésie si on suspecte une atteinte moyenne ou interne.

4. Principes de traitement

  • Contrôler la douleur et l’inflammation (parfois des corticoïdes sont prescrits).
  • Nettoyage/évacuation du matériel : l’élimination du cérumen et des débris est souvent indispensable avant d’appliquer un traitement topique efficace ; dans les cas sévères, un nettoyage profond/flush sous anesthésie est réalisé par le vétérinaire.
  • Traitement topique : la majorité des otites externes répondent bien aux gouttes auriculaires combinant antibiotique/antifongique + anti-inflammatoire (stéroïde). L’administration doit suivre la prescription vétérinaire (fréquence, durée).
  • Antibiotiques systémiques : réservés aux cas avec atteinte profonde, otite moyenne/perméabilité du tympan compromise, infections sévères, ou selon le résultat du prélèvement. L’antibiorésistance doit être prise en compte.
  • Traiter la cause sous-jacente : allergie, parasites, corps étranger, désordres hormonaux, etc., pour éviter toute récidive.

prévenir et soigner l'otite chez le chien

5. Procédure de nettoyage auriculaire (à suivre uniquement si le vétérinaire le recommande)

Important : N’utilisez que des solutions auriculaires vétérinaires ; ne mettez jamais d’alcool, d’eau oxygénée ou d’objets pointus (cure-oreille, coton-tige profond). Si le conduit est très douloureux, purulent, ou si le tympan est suspecté perforé : consultez un vétérinaire avant toute tentative de nettoyage.

Étapes :

  1. Protéger la surface (ex : avec une serviette).

  2. Remplir le conduit avec la solution auriculaire recommandée.

  3. Masser la base de l’oreille 15–30 sec pour décoller les débris.

  4. Laisser le chien secouer la tête.

  5. Éponger l’excès avec un tampon de coton ou compresses (sans aller profondément).

  6. Répéter selon prescription vétérinaire.

6. Conseils d’hygiène pour les particuliers (prévention simple)

  • Sécher soigneusement les oreilles après baignade ou lavage.

  • Nettoyer avec un produit auriculaire vétérinaire si le chien est prédisposé (fréquence selon la prescription vétérinaire).

  • Éviter d’introduire des objets dans le conduit (Q-tips) ; ne pas utiliser d’alcool/de peroxyde d’hydrogène.

  • Inspecter régulièrement (visuel + odorat) et intervenir le plus tôt possible.

  • Si les otites récidivent : faire rechercher la cause sous-jacente (allergie, etc.).

7. Protocole sanitaire et bonnes pratiques pour les professionnels

Pour le professionnel, adopter des mesures strictes limite la propagation, améliore la prise en charge et sécurise le troupeau canin.

Isolement & triage :

  • Mettre en isolement tout individu présentant symptômes jusqu’à l’évaluation d’un vétérinaire.

  • Établir une fiche médicale par animal (dates, traitements, évolution).

Hygiène & matériel :

  • Utiliser gants jetables lors de soins auriculaires ; changer de gants entre chaque animal.

  • Matériel dédié ou désinfecté (compresses, otoscope, seringues, pinces) ; ne pas partager les serviettes sans les laver/les désinfecter.

  • Nettoyer régulièrement les locaux et les zones de bain; calculer le temps de séchage complet après lavage pour éviter l’humidité résiduelle.

Procédures médicales :

  • Effectuer une cytologie de première intention ; en cas de récidive ou d’échec, réaliser une culture + antibiogramme avant des prescriptions prolongées.

  • Respecter les règles de prescription responsable d’antibiotiques (éviter une antibiothérapie systémique de routine si le cas peut être réglé par des topiques et un nettoyage).

Formation & communication :

  • Former le personnel aux signes d’alerte, aux techniques de nettoyage et à la manipulation sécurisée.

  • Informer les propriétaires à la sortie (fiche de soins, fréquence de nettoyage, signes de surveillance).

8. Quand référer au vétérinaire en urgence

  • Oreille très douloureuse, œdème, écoulement purulent persistant, saignement, perte d’équilibre, fièvre, perte d’audition soudaine.

  • Échec du traitement local en quelques jours, récidives fréquentes, ou suspicion de perforation tympanique.